Expériences innovatrices

Séance 3
Jeudi 19 mai 2016, 08h30 AM – 10h45

Local C0416, Pavillon Taché, UQO

(présidence de séance)

Martissant : quand les femmes pensent à l’aménagement du territoire
Contrairement aux idées reçues, un aménagement du territoire sensible au genre est possible à Port-au-Prince. Cette communication analysera la genèse d’expériences novatrices ayant fait appel à la participation communautaire sein de quartiers bidonvilisés. Le succès de ces expériences repose sur l’adhésion des résidents : elle en assure aussi la pérennisation. L’implantation communautaire doit être prévue dès le départ et se marier à l’aménagement physique. L’approche consultative doit être traversée d’un souci constant de participation du plus grand nombre, en particulier des femmes. À ce titre, la clef du succès a été la mise en place de volets spécifiquement axés sur leur participation. Ainsi, des « espaces de parole » et des « marches exploratoires », inspirées d’expériences québécoises et latino-américaines, ont permis d’instituer, dans la Zone d’aménagement concertée (ZAC) de Martissant, un programme d’implantation autour des problèmes communautaires ainsi qu’un dialogue citoyen contribuant à reconstituer le tissu social.

La glocalisation : nouveaux corporatismes, nouveaux régimes de genre ?
La mise en place de modes de gouvernance décentralisée réaménage partout au monde le rapport entre la société civile et les autorités locales et régionales (Sassen, 2002). Conférant une reconnaissance formelle à la société civile dans la gestion des territoires, des territoires infranationaux en particulier, selon des recherches récentes (Côté, 2015 ; Côté et Tremblay-Fournier, 2011) la gouvernance décentralisée consolide néanmoins certaines hiérarchies implicites ou explicites. Les groupes minorisés, pourtant inclus théoriquement et concrètement au sein des mécanismes de gouvernance, se retrouvent ainsi dans plusieurs cas à la périphérie des lieux décisionnels. Cette communication présentera une analyse de la reconstruction d’inégalités de genre à travers deux cas concrets à première vue très différents : le cas haïtien et le cas québécois. La centralité des actions locales ainsi que leur lien avec les tendances et influences internationales seront analysées en rapport avec la popularité mondiale des nouveaux modèles de gouvernance décentralisée.