Des hommes et des femmes au sein des agglomérations urbaines

Séance 4
Jeudi 19 mai 2016, 11h – 16h30

Local C0416, Pavillon Taché, UQO

(présidence de séance)

Entre conformité et résistance : être une jeune femme dans les espaces publics de Hanoï
Les espaces publics formels (parcs, places et squares) de Hanoï sont intensivement occupés par jeunes, moins jeunes, hommes et femmes. Pour les jeunes femmes, aller au parc c’est aussi questionner les normes de genre du Vietnam. D’une part, ces règles sociales font parfois obstacle à l’appropriation des espaces publics. D’autre part, l’usage des espaces publics permet aussi de mettre en évidence des résistances face à ces normes. Entre conformité et remise en question, les usages des jeunes femmes dans les espaces publics formels révèlent les spécificités de l’urbanité au féminin. Parmi les différentes activités de loisirs des jeunes femmes, utiliser ces lieux est une façon privilégiée d’occuper son temps libre. Toutefois, elles doivent surmonter des contraintes particulières à la condition féminine pour pouvoir en profiter. Elles négocient leur zone de confort en termes de sentiment de sécurité en utilisant plusieurs stratégies. Par ailleurs, leurs usages des espaces publics sont aussi contingents des normes de genre qui dictent ce qui est convenable qu’une jeune femme vietnamienne fasse dans les espaces publics. Dans un contexte où la densité de population engendre des pressions sur les espaces publics, il s’avère crucial de favoriser l’accès des jeunes femmes aux espaces publics eux-mêmes, mais aussi aux différentes activités qu’on y retrouve. Cette étude conclut donc sur des recommandations dont l’objectif général est de diminuer les contraintes aux pratiques sociospatiales des jeunes femmes dans les espaces publics de Hanoï grâce à des interventions physiques, sociales et politiques.

Femmes, immigration et ethnicité à Montréal
Plusieurs politiques et programmes ont été mis sur pied dans les métropoles américaines et européennes avec pour objectif la diminution des inégalités de genre. Ils intègrent de plus en plus aussi les questions relatives à la diversité ethnique, religieuse ou sexuelle, ainsi que celles relatives à l’intégration des immigrants. Or les dispositifs de gouvernance urbaine peinent encore à intégrer ces éléments au cœur de leurs pratiques, ce que commanderait pourtant la diversité grandissante de leur population (Paré 2009), en particulier l’arrivée de nombreux immigrant/es s’établissant dans leurs centres. Cette communication abordera l’harmonisation des mécanismes anciens et nouveaux de gestion du genre et de la diversité au sein de la métropole montréalaise de la dernière décennie, de la perspective des élu/es, des fonctionnaires municipaux ainsi que des représentant/es de groupes communautaires. Elle fera état à la fois de la recherche scientifique disponible ainsi que de données empiriques originales.

Politiques temporelles, bureaux des temps et égalité entre les sexes
Les politiques temporelles ont pour objectif de déterminer comment créer avec les habitants d’un quartier un « espace-temps» convivial en réhabilitant une place publique ainsi d’assurer la mobilité des citoyens dans la ville. La dimension « genre » est souvent présente avec des initiatives centrées sur la création de garderies ou de meilleures modalités d’aménagement des temps sociaux ou de conciliation travail-famille. Ces projets visent l’amélioration de la qualité de vie et l’égalité entre les sexes, les âges, les catégories sociales, la reconstitution du lien social ou la requalification urbaine (Boulin, 2003 ; Rochman et Tremblay, 2012). Fondées sur une approche de la vie quotidienne qui renvoie à de réels problèmes d’organisation individuelle et collective, ces politiques prennent en compte prioritairement la dimension territoriale (Tremblay et al., 2009). Cette communication posera la question de la place différenciée des femmes et des hommes dans l’organisation des services sur le territoire.

Lire le territoire avec le genre
Cette communication a pour objectif de présenter un corpus issu des approches de genre en géographie. Si depuis les années 1970 la géographie anglo-saxonne est très riche (Linda Mac Dowell, Doren Massey, Janet Momsen, Géraldine Pratt), la géographie francophone (exceptées les approches québécoises de Van der Missen et Paré) a tardé à se mobiliser sur cette question. Jacqueline Coutras a ouvert la voie à la fin des années 1970, mais ce n’est qu’en 2003 que la première thèse sur le genre et le territoire (Louargant, 2003) a été financée par le Ministère de la recherche. Depuis ce moment la géographie s’est organisée en France et a produit un corpus réflexif très dense. Cette communication retracera ces apports réflexifs francophones ainsi que des résultats empiriques issus de recherches sur ce sujet en Europe et au Maghreb. Trois points principaux étayeront cette communication : le premier présentera une généalogie des approches de genre et ville/et /ou territoires en identifiant les circulations conceptuelles et méthodologiques, le second explicitera les conceptions et acceptions retenues tant au niveau conceptuel qu’opérationnel en Europe et enfin le dernier point soulèvera les points aveugles et les paradoxes des approches en cours.